À bout de patience, les bouddhistes belges mettent le gouvernement en demeure pour obtenir leur reconnaissance officielle
Dernière mise à jour : il y a 3 jours
RTBF, 5 septembre 2026
Par Stéphanie Lepage

Depuis 20 ans, l’Union Bouddhiste de Belgique tente d’obtenir sa reconnaissance en tant qu’organisation philosophique non confessionnelle. Le processus qui a failli aboutir lors de la précédente législature est aujourd’hui au point mort. L’UBB a décidé de mettre l’Etat belge en demeure.
150.000 personnes pratiqueraient le bouddhisme en Belgique. Si leur culte est basé sur des textes, des rites, l’Union bouddhiste de Belgique ne demande pas à être reconnue comme une religion mais bien comme une communauté philosophique non convictionnelle. Car le bouddhisme ne connaît pas de divinité selon ses adeptes. "Le Bouddha n’est pas un dieu", déclare cette pratiquante. "Le Bouddha, c’est un être humain qui est arrivé à s’éveiller avec beaucoup de travail. Tout le monde peut être un Bouddha".
Cet autre adepte pratique, lui, depuis 45 ans. "Ce que ça m’a apporté, c’est ce qu’on appelle la pacification de l’esprit, un peu moins de confusion dans ma vie. La reconnaissance est importante parce que si on peut transmettre cela, on va pouvoir aider les gens à connaître mieux leur esprit. Et être capable, dans les difficultés qu’ils vont rencontrer, à plutôt calmer le mental pour prendre des bonnes décisions".
Une reconnaissance officielle permettrait aux bouddhistes d’obtenir un soutien financier de l’Etat, des conseillers rémunérés dans les prisons ou les hôpitaux. Mais pour le président de l’Union Bouddhiste de Belgique, Carlo Luyckx, c’est surtout une question d’équité. "On n’a pas de colère mais de l’indignation parce qu’il y a une sorte de discrimination qui s’est opérée. On n’est pas traité comme les autres cultes et philosophies non confessionnelles qui sont dans ce pays".
Au bout de la patience
Les démarches pour obtenir une reconnaissance ont débuté il y a 20 ans mais elles n’ont toujours pas abouti.
Après avoir cultivé la patience dans l’espoir d’une évolution positive, l’UBB a décidé aujourd’hui de mettre l’Etat belge en demeure. L’organisation a adressé un courrier aux principaux membres du gouvernement le 15 juillet dernier. "Force est de constater qu’il n’y a aucune volonté politique pour notre reconnaissance, ni même pour la mise en place d’un cadre juridique pour la reconnaissance des cultes. C’est pourquoi, après mûre réflexion, il a été décidé de mettre le gouvernement en demeure d’agir", explique Carlo Luyckx, président de l’Union Bouddhiste de Belgique.
A défaut de réaction d’ici le 30 septembre ou en cas de réponse négative, l’UBB déclare qu’elle portera l’affaire en justice au niveau belge mais aussi au niveau de la Cour européenne des droits de l’homme, afin de préserver les droits de la communauté bouddhiste en Belgique.
La ministre Verlinden promet une rencontre sous peu
En Belgique, la gestion des cultes relève du ministère de la Justice. Via son cabinet, Annelies Verlinden (CD&V), déclare avoir pris note des préoccupations de l’Union Bouddhiste de Belgique avec beaucoup d’attention.
"Il a été décidé de travailler durant cette législature à un cadre légal uniforme et général pour la reconnaissance des cultes et des philosophies non confessionnelles. Ces travaux sont en cours. Dans ce cadre, une attention particulière est accordée à la reconnaissance des cultes et des philosophies non confessionnelles dont la demande de reconnaissance est déjà plus avancée, conformément à la pratique administrative actuelle".
La ministre a également exprimé sa volonté d’inviter l’UBB très prochainement pour une rencontre.




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