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Les bouddhistes belges en ont assez : « Le fait que nous ne soyons toujours pas reconnus constitue une discrimination »

De Standaard - 3 septembre 2026 Yumi Demeyere



Depuis vingt ans, les bouddhistes belges attendent une reconnaissance officielle. Vingt ans, c’est long, même pour les bouddhistes, et ils ont donc mis le gouvernement belge en demeure. « Si nécessaire, nous irons jusqu’à la Cour européenne des droits de l’homme. »


La patience des bouddhistes belges est à bout. Depuis vingt ans, ils attendent une reconnaissance officielle en tant que courant philosophique non confessionnel. « Pendant longtemps, nous nous sommes dit : “Encore un peu de patience.” Mais le fait que cette reconnaissance soit à nouveau repoussée aux calendes grecques a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. C’est une discrimination. » C’est ce qu’affirme le président de l’Union bouddhiste de Belgique (UBB), Carlo Luyckx. Le 15 juillet, les bouddhistes ont envoyé une lettre mettant le gouvernement belge en demeure. Le Premier ministre, les vice-premiers ministres ainsi que la ministre de la Justice Annelies Verlinden (CD&V), entre autres, ont reçu cette lettre.


Dans l’accord de gouvernement fédéral de 2020, il était encore prévu que le gouvernement reconnaisse l’Union bouddhiste de Belgique comme « une association qui fournit une assistance morale en tant que courant philosophique non confessionnel ». Un projet de loi élaboré était prêt : il avait été approuvé à deux reprises par le Conseil des ministres et avait également été déposé au Parlement. Mais l’accord de gouvernement de 2025 n’en faisait plus mention et prévoyait uniquement la création d’un cadre légal uniforme pour la reconnaissance des cultes.


La méditation en prison

Une reconnaissance aurait une grande importance pour la communauté, explique Luyckx. « Nous constatons qu’il existe beaucoup d’intérêt pour le bouddhisme dans la société », dit-il. Il évoque notamment les cours de bouddhisme à l’école ainsi que les conseillers présents dans les prisons et les hôpitaux. « C’est surtout en prison que des techniques comme la méditation peuvent porter leurs fruits. » Luyckx estime qu’environ 150 000 Belges sont actuellement bouddhistes.


Les célébrations bouddhistes reposent actuellement en grande partie sur le travail de bénévoles. Une reconnaissance changerait également cette situation, car les délégués et les conseillers bénéficieraient alors d’un salaire et d’une pension financés par l’État. Depuis 2008, l’Union reçoit une subvention annuelle qui s’élève aujourd’hui à environ 200 000 euros et qui doit l’aider à se structurer en vue de sa reconnaissance.


Lors de l’examen parlementaire du dossier, une discussion est apparue en 2024 sur la nature juridique du bouddhisme. S’agit-il d’une religion ou non ? Selon l’UBB, il ne s’agit pas d’une religion théiste - godsdienst en néerlandais - puisqu’aucun dieu ou être suprême n’y est vénéré. C’est pourquoi elle souhaite être reconnue en tant que courant philosophique non confessionnel. Mais le Centre d’Action Laïque, organisation faîtière de la laïcité organisée francophone, n’est pas de cet avis. Il avait été invité en 2024 à donner son avis à la Chambre lorsque le projet de loi avait été mis sur la table. Le bouddhisme est bien une religion, soutenait alors le Centre d’Action Laïque, car il comporte des rituels, des temples, des moines et des cérémonies. En outre, le bouddhisme est souvent qualifié de religion au niveau international.


Fin septembre

La ministre de la Justice Annelies Verlinden (CD&V) fait savoir par l’intermédiaire de son porte-parole qu’elle rencontrera prochainement les bouddhistes. « Au cours de la législature précédente, toutes les étapes du travail législatif en vue de la reconnaissance ont été franchies, mais aucun accord politique définitif n’a finalement pu être trouvé », explique-t-il. « Lors des négociations en vue de la mise en place du gouvernement Arizona, il a été décidé d’élaborer un cadre légal général et uniforme pour la reconnaissance des cultes et des courants philosophiques non confessionnels. » Ces travaux sont en cours, précise-t-il, avec « une attention particulière à la reconnaissance des cultes et des courants philosophiques non confessionnels » dont les demandes sont déjà les plus avancées.


C’est précisément ce raisonnement qui irrite l’UBB. « Tout était pratiquement réglé, mais maintenant nous devons attendre quelque chose qui n’existe pas encore : ce cadre légal », déclare Luyckx. Si les bouddhistes ne reçoivent pas, avant le 30 septembre, de réponse satisfaisante à leur mise en demeure, ils engageront des démarches judiciaires. « Si nécessaire, nous voulons aller jusqu’à la Cour européenne des droits de l’homme. Nous sommes convaincus de remplir toutes les conditions. »



 
 
 

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