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Textes bouddhiques

Dans le bouddhisme, on trouve de nombreux types de textes. Le premier extrait ci-dessous provient du Canon pali.

Comment pratiquer la concentration sur la respiration de sorte qu’elle porte ses fruits ?

Un moine, s’étant retiré dans la forêt, à l’ombre d’un arbre ou dans une cabane vide, s’assied jambes croisées, en tenant son corps droit et en posant son attention devant lui. Toujours attentif, il inspire; attentif, il expire. Inspirant longuement, il perçoit que son inspiration est longue; ou expirant longuement, il perçoit que son expiration est longue. (1)

Le Canon pali est la plus ancienne collection de textes remontant au Bouddha historique dont nous ayons connaissance. Il regorge d’explications limpides et d’instructions claires.

Mais il y a aussi d’autres textes :

Jamais, nulle part, rien qui surgisse, ni de soi-même, ni d’autre chose, ni des deux à la fois, ni sans cause. Il y a quatre espèces de conditions : la cause proprement dite, le support objectif, l’antécédent immédiat, le facteur souverain et décisive.  [...] En fait, on ne trouve dans aucune de ces conditions rien qui possède une nature autonome. (2)

Nagarjuna, qui vivait au deuxième siècle dans le Nord de l’Inde, est reconnu comme l’un des grands philosophes de l’histoire de l’humanité. Son célèbre traité sur la voie du milieu s’ouvre sur une analyse détaillée du principe de la causalité. De quoi réjouir les philosophes...

Le récit fabuleux qui suit date plus ou moins de la même période :

Quand l’Éveillé eut dit cela, les terres du monde tricosmique de l’Endurance tremblèrent toutes et se fendirent ;  de leur sein surgirent simultanément d’innombrables millions de myriades d’êtres d’Éveil, de grands êtres. Ces êtres d’Éveil avaient tous le corps couleur d’or, avec les trente-deux marques, brillant d’une lumière incommensurable. (3)

Le bouddhisme ne craint pas d’employer des métaphores pour illustrer son propos. Le Soutra du Lotus se lit comme un conte de fées. Les contes de fées sont, à leur manière, très réalistes. Ils utilisent un langage permettant d’aborder certains aspects de la réalité qui, autrement, ne seraient que difficilement accessibles.

Quelques siècles plus tard, un autre genre fait son apparition en Chine :

Un moine s’adresse à Joshu : « Je viens d’arriver au monastère. S’il vous plaît, Maître, instruisez-moi. »  Joshu : « As-tu mangé la soupe de riz ? ». « Oui, Maître », répond le moine. « Alors, va laver ton bol », lui dit Joshu. Et le moine a un éclair de compréhension.

Les koans comme celui-ci sont de brèves histoires cryptiques, qui fonctionnent plus par allusion que par une explication directe. Dans les traditions zen, ils sont souvent utilisés dans le cadre de l’enseignement.

Mais le bouddhisme ne s’appuie pas que sur des textes anciens. Le thème du koan ci-dessus se retrouve aussi, à peu de choses près, dans , ouvrage de Jack Kornfield, enseignant bouddhiste et auteur contemporain :

« On ne peut pas vivre de ses rentes d’Éveillé ; il n’existe aucune expérience d’Éveil qui nous place au-dessus de la loi de l'impermanence... Les moments de sérénité profonde, comme l’euphorie d'un nouvel amour, feront place à des périodes marquées par la perte, le repli sur soi, la peur, le déni ou la trahison. En redescendant la pente, nous serons effrayés de constater que nos vieilles habitudes nous attendent au pied de la colline, comme de vieux habits confortables. Même si nous avons connu une extraordinaire transformation et si nous nous sentons sereins et invincibles, notre belle détermination sera inéluctablement mise à l’épreuve par certaines des choses que nous avons ramenées avec nous. » (4)

Dans ce langage occidental sans équivoque, l’enseignement trouve de nouvelles formulations et formes d’expression.

(1) D’après : www.canonpali.org/tipitaka/suttapitaka/digha/dn22.html

(2)  Nagarjuna, , traduit de l’original sanskrit, présenté et annoté par Guy Bugault, Éditions Gallimard, coll. Connaissance de l’Orient, 2002, pp. 43-46.

(3) Le soutra du Lotus, Fayard, 1997, pp. 267-268.

(4) Traduction libre d’un extrait de Jack Kornfield, After the Ecstasy, the Laundy, Bantam, 2001

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